
MA’ROC
Très chers tous,
Ici tout va bien. Nuages et soucis sont bien loin. Voici néanmoins quelques nouvelles exotiques, depuis ces parois marocaines mythiques.
Comme avertis, les tajines sont pentues et les parois très épicées. Les contacts avec les locaux théinés et les doigts poncés. Le whisky berbère coule à flot, sous un ciel éternellement indigo.
Mais rassurez vous toutefois, inch’allah on a vite pris le pli de l’endroit. On a chaussé nos plus belles babouches jaunies, pour aller se perdre dans les Ksour infinis. On a vite troué nos chaussons européens, sur ce magnifique caillou à grains. Puis cuit avec passion sous ce soleil de plomb. Et saucissonné comme jamais dans du calcaire sans pieds.
Mais toute cette féérique méharée n’aurait su débuter sans les fameux topos débusqués. Potassés voire dépouillés et écornés, ils nous auront finalement révélés leurs secrets. Leurs cotations envolées et leur niveaux relevés. Les futures suées et les crises de nerfs qui nous attendaient. Toute la cruauté et la beauté qu’on allait rencontrer.
Todgha, Tafraoute et Taghia étaient enfin à portée de doigts. Modulo la retranscription des noms locaux. Les routes berbères défoncées et la belle prune de nos amis policiers.

TODGHA – L’ACCESSIBLE
Todgha, la vérité, est un endroit fort sympa. Il y fait certes chaud, mais l’ombre résiste sur certaines parois. L’orientation des faces devient une vraie science, tout comme la patience. Même si au fond des gorges le touriste est partout, une fois qu’on prend de la hauteur il y a ouallou.
Le calcaire rouge et abrasif vous mettra en joie dès les premières fois, avant de trouer finalement pantalons et bouts des doigts.
Les jours de repos seront alors de bon aloi. Pour se poncer allègrement le fessier sur le dos d’un dromadaire maladroit. Cap sur Merzouga et ses dunes qui ocroient. Et si vous suivez les sons mystérieux du désert et des ouds, peut être alors vous croiserez le Shaï Hulud.


TAFRAOUTE – LA BRITISH
Tafraoute ma foi, est un vrai décor de cinéma. On s’attendrait à y croiser un shérif ou un cobra. Au lieu de cela, ce sont des blocs de granits plantés de guingois. Qu’un Belge un brin rigolo a peinturluré en jaune, rouge et indigo.
Pour tous les chamoniards granitiques acharnés, nous préférons vous avertir désormais. Ici le vieux granit est fourbe et décharné. La dallouze devenant un sport hasardeux qui risque de s’émietter. Et la fissure une râpe acérée qui pèlera vos mains jusqu’aux poignets.
C’est pourquoi nos meilleurs ennemis anglais ont trouvé une alternative a cette escalade parfois un tantinet engagée. Orientant leurs projets depuis quelques années vers d’autres contrés. Des gorges ombragées aux monts secrets du Djebel Kest, la quartzite et les friends ne sont pas en reste. Pays du trad à l’éthique stricte, ici ça sera de la quartzite sans spit.

TAGHIA – L’ELITISTE
On ne présente désormais plus Taghia et ses mythiques parois. L’élite et les magazines en ont fait un endroit de choix. Le petit village berbère est un vrai lieu de pèlerinage pour les grimpeurs adroits. Attention toutefois, cotation et verticalité en surprendront plus d’un, pourtant sûr de soi.
Au milieu de ces tours et détours de calcaire, ne manquez pas les fameux chemins berbères. 3 bouts de bois et 2 vieux rochers peuvent faire un pont d’enfer. Mieux vaut ne pas trop avoir abusé sur la bonne chère. Notamment du goûter culinaire, à base de thé, d’huile d’olive et de pain berbère.
Et si vous poussez jusqu’au bout du chemin, quand vous penserez être bien seul et loin, alors vous croiserez surement Ahmed plein d’entrain. Qui vous attendra dans son abri avec du thé et trois fois rien. Avec beaucoup d’amitié et son calumet de kif plein. Avec des anecdotes sur les chèvres et les grimpeurs du coin. Qui vous conseillera surement un raccourci ou un passage plus malin.
Au cœur du Haut Atlas, Taghia est bien fidèle à sa réputation. Un monde de verticalité, de calcaire et de passion. D’échanges, de rencontres et d’expéditions. Un petit endroit de paradis où les tajines, la grimpe et les amis remplissent bien la vie.


Voici donc les nouvelles du front. A base de dromadaires, de couscous et de varappe à foison. Le service du thé façon marocaine est en cours d’acquisition. Les ampoules remplissent nos doigts et les talons. Et la moustache arrive bientôt au menton.
Affectueusement,
Les Staches

AÏT BEN HADDOU





TODGHA












ERG CHEBBI – MERZOUGA












TAFRAOUTE















ESSAOUIRA









TAGHIA
























DROMADAIRE OU CHAMEAU ?
Pour tous ceux qui n’auraient pas retenu les cours de zoologie appliquée du professeur Burp de la Rubrique-à-Brac, voici une petit récap. Le chameau traine ses 2 bosses en Asie centrale. Alors que son cousin le dromadaire lui, roule son unique bosse en Afrique du Nord et au Proche-Orient. Mais il faut savoir que celui-ci a été réintroduit dans les contrées africaines seulement au début de l’ère chrétienne.

LES BONNES ADRESSES
Kasbah Tebi – Aït Ben Haddou : coup de cœur pour cette adresse située en plein centre du vieux Ksar. Le bâtiment classé à l’UNESCO a été réhabilité avec brio en conservant matériaux et architecture d’époque, dont un éclairage à la bougie uniquement. On recommande également la demi-pension, avec un diner aux chandelles depuis la terrasse 3 étoiles.
Retour au Calme – Tineghir : jamais un lieu n’aura aussi bien porté son nom. Au bord de la palmeraie, cette petite auberge simple est un vrai cocon avec ses quelques chambres et ses multiples terrasses. Le gardien et la cuisinière seront à vos petits soins pour vous régaler de seffas et de pastillas.
Kasbah Amazir – Gorges de Todgha : Hotel assez grand accueillant souvent les bus touristiques de passage. Mais l’adresse reste néanmoins sympa pour les voyageurs indépendants au long cours. 3 atouts pour cette charmante adresse : des chambres spacieuses, des repas en demi-pension gargantuesques, et une grande piscine pour se rafraichir après avoir rôti dans les gorges !
Auberge Le Petit Prince – Merzouga : Très bon accueil dans cette auberge à l’architecture traditionnelle. Le patron vous recevra avec force de thé et de petit gâteaux. Il sera d’une aide précieuse pour vous organiser une méharée et une nuitée berbère dans l’erg Chebbi. Là aussi, la demi-pension est gargantuesque et vaut le détour.
Auberge Amaliya – Tafraoute : coup de cœur également pour cette auberge digne d’une oasis avec vue sur la fameuse Tête du Lion. Les quelques chambres sont articulées autour d’une piscine salvatrice. Le personnel fort sympathique reste aux petits soin. Demi-pension également possible, même si moins gargantuesque qu’ailleurs.
Climbing Taghia – Taghia : dans le petit bled de Taghia, il est très facile de repérer l’antre de Saïd : il s’agit de la plus grande terrasse du faubourg. Sur 2 étages plus ou moins restaurés, ce gîte est un vrai Babel des grimpeurs. Convivialité et boustifaille sont les leitmotivs du lieu, géré d’une main de maitre par Saïd et sa famille. Ne manquez pas : les tours de pancakes moelleux du déjeuner, le thé/pain/huile d’olive du goûter, les banquets gargantuesques des soirées. Le fils de Saïd vous aidera à organiser vos transferts depuis/vers Marrakech.

jean-marie
MA roche, mon ROC…
Superbes images, belles parois et magnifiques paysages !
Avez-vous croisé un chalumeau ?
Bises.
jean-marie
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jean-marie
(c’est un drolumadaire à deux bolusses)
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